Philippe 的个人资料"Un Jour En France"照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
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11月6日 Un beau matin... Il suffit parfois de si peu de temps pour qu'un univers bascule. Penché à ma fenêtre je contemple cet univers si étrangement familier, alors qu'il ne correspond plus à rien de ce qu'il était la veille... Hier soir je me couchai vers vingt-trois heures, comme à l'habitude . Avant cela, ma foi, beaucoup trop de télé et trop peu de lecture, comme à l'habitude. Un bouquin de Lovecraft, "Dagon" , pour autant qu'il m'en souvienne. Hier est si loin déjà. La radio s'alluma automatiquement à sept heures précises, déversant un flot de musique tonitruante qui me réveilla et m'indisposa presque immédiatement. "Qu'est ce que c'est que ce truc!". Je ronchonnai, et lourdement, après m'être levé d'un pied complètement gauche, je fis les quelques pas me séparant de l'appareil . Apparemment la radio s'était déréglée, toute seule. S'il est bien une chose que je ne tolère pas, c'est le désordre, aussi j'actionnai la molette de réglage afin de retrouver "rires et chansons", la station chargée de mon réveil depuis bientôt cinq ans. Je tournai et retournai ce maudit bidule sans parvenir à trouver autre chose que des programmes d'informations, auxquels je n'accordai aucune attention, d'autres de musique classique, ou au antipodes, de "death métal". Étrange. Laissant là ce poste rétif après l'avoir copieusement insulté puis éteint, je repris le cheminement usuel de mon existence basique. Un passage en cuisine, café au lait, biscottes. Je me pose à table, saisit mon Dagon, et déjeune normalement tout en lisant. Et c'est en rangeant l'ouvrage que je reçus un choc. Un cambrioleur était venu! Mes livres, mes précieux livres avaient disparu. Paniqué je fouillai les étagères où aurait du se trouver quantité de bouquins d'histoire, de science-fiction, et ma collection des œuvres d'Émile Zola. Il ne restait que quelques recueils , épars, mais dont les titres ne m'évoquèrent rien. Inconnus au bataillon!? La panique me faisait perdre les pédales, sans doute. Je courus jusqu'à ma porte d'entrée... que je trouvai intacte et fermée, la clé dans la serrure, comme je l'avais laissé la veille. La fenêtre alors? Impossible! Mon lit se situe en dessous, le brigand m'aurait immanquablement réveillé. Tout ceci m'angoissait de plus en plus, je me rassurai néanmoins en songeant à une blague possible de la part de quelques amis particulièrement retors. Nonobstant que l'occasion pour une telle farce me semblait faire défaut: ce n'était ni ma fête, ni mon anniversaire. Je pris, à tout hasard, un calmant, en essayant de chasser de ma pensée l'idée que, oui peut-être, après tant d'années sur le fil du rasoir, j'étais finalement devenu fou. La penderie fit regain de mes craintes, mes habits n'étaient plus les mêmes. Où étaient mes survêtements? Tout m'était d'un coup étranger. Je n'étais plus chez moi! Pas possible autrement! On ne m'avait pas volé, on m'avait drogué et placé ici! Pourquoi? Je furetai du regard cette pièce soudain inconnue, en proie à des sueurs froides, un fleuve de peur glaciale qui me creusait l'échine. Un ordinateur! Il se trouvait sur le coin d'une table qui semblait mienne , à l'endroit exact où ma véritable table se trouvait en réalité. Il s'alluma volontiers, accepta également le code confidentiel, et me laissa pénétrer la messagerie de Philippe Reguillon. Je fus presque dépité de voir mon nom. J'étais fou, voilà. Me resterait-il assez de lucidité pour appeler l'hôpital? Et mes classes, qui allait s'occuper de mes classes? Le téléphone sonna. Je le savais mien, désormais. La voix demanda: " quand arrivez-vous, chef? les jeunes vous attendent!". Loin de moi, ma voix répondit: " je descend immédiatement, rassemblez les!". J'avais mal à la tête. Des images terrifiantes, en flashes, percutaient ma mémoire, et à grand peine je rejoignis, à nouveau, la penderie, puis enfilai ma tenue. Plus tard, dans la glace de la salle de bain, mon visage me souriait, j'ajustai ma cravate noire, tirai sur les manches de ma chemise. Brassard bien en place. Des souvenirs exogènes ne cessaient de se greffer sur les anciens, ceux qui m'accompagnaient depuis toujours. Animé d'une ardeur brulante, pétri de sentiments contradictoires, je parvins à la fenêtre, et vis de jeunes élèves en contrebas, qui m'accueillirent en chantant... le "Panzerlied". Mon bras droit se leva, sans que j'en eut véritablement conscience. Comme de ce cri guttural qui déchira ma poitrine en emportant mes dernières résistances: Zieg Heil! Je me suis couché le 5 novembre 2009, Philippe Reguillon, éducateur sportif à Dijon, République Française. J'avais fait de piteuses études, passant plus de temps au bureau du syndicat UNEF qu'à la bibliothèque. Je me suis levé le 6 novembre 2009, Philip Reguillon, Obersturmfuhrer der Hitler-Jugend, Dijon, Burgonienstadt. J'avais fait mes études à l'université Aryenne de la capitale mondiale, Germania, anciennement Berlin. Notre Führer bien aimé, était mort en 1970. Les barbares judéo-bolcheviques vivaient encore, pauvres zombies, au delà des zones vitrifiés de l'hiver nucléaire, Thorr seul savait comment... Et tandis que nos bottes écrasaient en chœur les pavés, les ultimes bribes d'un moi qui n'était plus, qui n'avait jamais été, disparurent à jamais. 评论 (40)
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